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La fondation du Club – 1 décembre 1906

Quelques membres de l’élite des professions libérales et de l’université décidèrent de fonder le Club Universitaire. Ce projet vit le jour lors d’un déjeuner donné par W. Graham Browne, le 1er décembre 1906, au St James Club, situé alors au 475, boulevard Dorchester, dans un édifice qui fut démoli lors de la construction de la Place Ville-Marie. Parmi les personnes présentes se trouvaient le professeur Stephen Leacock, qui enseignait l’économie à l’Université McGill et qui était déjà devenu célèbre grâce à ses romans et nouvelles humoristiques, le docteur John McCrae, Seargent P. Stearns, le professeur R.F. Ruttan, le doyen F.P. Walsh, Vincent J. Hughes, le docteur T.J.W. Burgess et H.D. Gibson.

Stephen Leacock avait rédigé l’invitation, qu’il avait adressée à « quelques-uns des principaux diplômés d’université de la ville ». Qu’il ait voulu ou non, par cette tournure de phrase, offenser certaines personnes, il n’en reste pas moins que l’invitation excluait d’emblée les grands capitalistes du Square Mile, tels Lord Strathcona, Lord Mount-Stephen, Sir William Van Horne, Lord Mayberry, ainsi que d’autres éminents personnages du Mount Royal Club : peu d’entre eux possédaient un diplôme universitaire. L’invitation excluait aussi la plupart des membres du Club St James Club, qui étaient presque tous des self-made men.

La réponse à l’invitation du professeur Leacock a été, semble-t-il, enthousiaste. On disait qu’un club de ce genre « constituerait un lieu idéal de rencontre pour les diplômés de toutes les universités et saurait leur offrir les agréments de la convivialité dans un cadre approprié ».

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Stephen Leacock – 8 novembre 1907

Stephen Butler Leacock (30 décembre - 28 mars 1944) était un professeur canadien d'origine anglaise, politologue, écrivain et humoriste. Au début du 20e siècle, il était l’humoriste le plus connu dans le monde anglo-saxon. Il est connu jusqu’à ce jour pour son humour léger et ses critiques des folies des gens. La médaille Stephen Leacock Memorial de l'humour a été nommée en son honneur.

Dans l’ouvrage de Stephen Leacock, Arcadian Adventures with the Idle Rich (1914), qui est une satire des clubs privés des hommes de la classe moyenne montréalaise (et possiblement du Club Universitaire, étant donné que l’auteur a été un de ses fondateurs), les personnages se rencontrent pour fumer des cigares, boire et bavarder.

Au cours des premières années, Stephen Leacock et son ami René du Roure jouaient souvent au billard. Ils n’étaient ni l’un ni l’autre de bons joueurs, ce qui n’empêchait pas Leacock d’assumer le rôle d’expert et de distraire le professeur du Roure en lui prodiguant des conseils de toutes sortes, au grand amusement des autres membres. Leacock connaissait néanmoins ses limites et on l’entendit un jour faire la remarque suivante : « Je travaille à améliorer mon jeu depuis un demi-siècle; il m’en faudrait un autre. » Qu’ils soient compétents ou pas, le professeur Leacock et ses amis, le professeur du Roure, les juges en chef R.A.E. Greenshields et Orville Tyndale, étaient réputés pour leurs coups de départ : frapper la boule le plus fort possible et voir ensuite s’il ne se passe pas quelque chose, telle était leur façon de faire. .

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Les premières années du Club – 1911

Il n’est pas facile, cent ans plus tard, de déterminer les raisons qui ont amené un groupe d’universitaires et de membres des professions libérales à se réunir, le 8 mars 1907, et à décider de mettre sur pied un club social où ils pourraient se retrouver entre eux et avec leurs pairs.

Montréal possédait alors plusieurs clubs à caractère social, sportif, religieux et ethnique. On estimait à près de 50 le nombre de clubs déjà actifs en 1907. Ceux-ci comprenaient le St James Club et le Mount Royal Club – lequel avait été fondé en 1897 par des hommes d’affaires éminents qui trouvaient le St James « trop bondé » –, le Forest and Stream Club, et le Club Saint-Denis, pour ne nommer que les clubs sociaux les plus importants. Les clubs sportifs se multipliaient. Le golf était devenu un sport à la mode, et deux clubs au moins avaient été fondés et rassemblaient d’ardents amateurs.

Le début du XXe siècle a été une période au cours de laquelle les raquetteurs, arborant les vêtements colorés de leur club, organisaient des défilés et parcouraient les champs et les bois de l’île de Montréal. Pour la seule année de 1911, le Blue Book de Dau répertorie 81 clubs à Montréal.

Le Club Universitaire de Montréal a été créé afin de pourvoir aux besoins des diplômés des universités, groupe très sélect à ce moment-là. La « société » de l’époque – en fait, la majeure partie de la population – était composée non seulement d’anglophones, mais aussi de personnes d’origine britannique. Dans l’est de Montréal, vivait une société toute différente, essentiellement francophone et appartenant à la classe ouvrière. Le long des rives du Saint-Laurent, près du pont Victoria, se trouvait un groupe de résidents de classe ouvrière, en majeure partie d’origine irlandaise. Même à cette époque, le quartier autour du boulevard Saint-Laurent était le foyer d’une petite colonie d’immigrants venus d’Europe centrale, en majorité d’origine juive. Les classes des universitaires, des membres des professions libérales ou des hommes d’affaires étaient composées presque exclusivement de citoyens d’origine britannique, avec une forte composante écossaise. En 1907, les hommes d’affaires et entrepreneurs d’origine écossaise s’étaient considérablement enrichis et ils employaient leurs fortunes à bâtir de luxueuses résidences dans ce qui a fini par être désigné sous le nom de Square Mile ou encore, depuis le milieu du siècle dernier, le Golden Square Mile.

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Les membres fondateurs – 1912

Il va sans dire qu’en ce qui concerne le Club Universitaire, la grande majorité de ses membres, ainsi que de ses membres potentiels, appartenaient à la communauté anglaise ou, pour reprendre l’expression actuelle, à la communauté anglophone, en incluant à l’occasion un Canadien-français: Georges Vanier, membre du Club en 1912 qui devint plus tard général, puis Gouverneur général du Canada, en offre un illustre exemple.

Parmi les premiers membres, quelques noms se démarquent. On peut mentionner notamment Sir Edward Beatty qui a longtemps été président du chemin de fer Canadien Pacifique ainsi que chancelier de McGill. Il tenait souvent les assemblées des gouverneurs de McGill dans la salle du conseil d’administration du CPR. Parmi les autres membres distingués du groupe d’origine, on retrouve J.H. Birks, George A. Campbell, membre éminent du Barreau, Walter W. Chipman, lui aussi avocat bien connu et diplomate, A.R. Holden et R.B. Hutchison, avocats de renom, et l’architecte Percy Nobbs. Il est intéressant de noter que 13 personnes de ce groupe initial étaient encore membres du Club en 1938, près de 30 ans après sa fondation.

Il ne subsiste pas de liste complète des fondateurs, mais il est possible d’identifier les premiers membres. Il s’agit de Frank E. Barbour, Fayette Brown, W. Graham Browne, Nevil Norton Evans, H.D. Gibson, J. Claud Hickson, E.P. Lachapelle, Stephen Leacock, Andrew Macphail, Allan A. Magee, John McCrae, Clarence Morgan, R.F. Ruttan, Paul F. Sise, Sergeant P. Stearns, Édouard Fabre Surveyer et F.P. Walton – et on connaît un nombre considérable de choses sur certains d’entre eux.  

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Les gouverneurs généraux – du Duc de Connaught à David Johnston – 31 octobre 1913

Dans le salon University, les armoiries au-dessus de la cheminée sont celles du duc de Connaught, Gouverneur général du Canada de 1911 à 1916. Le duc autorisa leur reproduction le 31 octobre 1913 afin de souligner que la construction et l’inauguration de l’édifice du Club avaient eu lieu pendant son mandat.

Dès la fondation du Club, c’était la coutume d’inviter le Gouverneur général à devenir membre honoraire, invitation qui était généralement acceptée. La coutume voulait aussi qu’on invite le Gouverneur général en poste à un banquet donné en son honneur. Le dîner en l’honneur du général Vanier lorsqu’il fut nommé Gouverneur général a eu lieu 40 ans jour pour jour après qu’il soit devenu membre régulier en 1912. Certains premiers ministres ont aussi été membres du Club à différentes périodes de leur vie. John Turner fut l’un d’eux à la fin des années cinquante. En fait, on organisa une fête en son honneur au moment où il quitta Montréal pour occuper son poste à la Chambre des communes.

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La conception de l’édifice et Percy Nobbs – 17 décembre 1913

On imagine difficilement Stephen Leacock, un des membres fondateurs du Club, portant un costume un peu froissé, un verre à la main et confortablement installé avec ses amis, dans la plupart des autres clubs montréalais du début du XXe siècle. On peut penser qu’il n’aurait pas vraiment été à l’aise dans leur cadre passablement solennel, pour ne pas dire pompeux.

Nous ignorons si les premiers membres du Club avaient en tête un édifice moins solennel que les autres; nous savons, par contre, qu’en choisissant comme architecte un de leurs collègues, Percy Erskine Nobbs, ils pouvaient s’attendre à une ambiance plus détendue que celle qui régnait dans les autres clubs. Nobbs avait la réputation de dessiner des immeubles sans prétention mais admirablement conçus.

Avant qu’on ne charge Nobbs de concevoir le nouvel édifice de la rue Mansfield, le Club avait été logé dans d’anciennes résidences privées. Peu de temps après, en 1912, le Club fit l’acquisition de son site actuel, du côté est de la rue Mansfield, de la succession Skelton au coût de 45 100$. Au mois de mai de cette même année, l’autorisation de démolir la maison qui s’y trouvait fut obtenue de la ville, et la construction de l’édifice dessiné par Nobbs put être entreprise. Il fut achevé en 18 mois et ouvrit ses portes le 17 décembre 1913.  

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Le Club et la Première Guerre mondiale – 28 juillet 1914

L’histoire du Club et de ses membres au cours de la première moitié du XXe siècle reflète celle du Canada. On ne peut examiner la première sans prendre en compte la seconde. L’impact de ce qu’on a appelé la Grande Guerre a été considérable pour le Club. Il a été à la fois différent et beaucoup plus fort que celui de la Deuxième Guerre mondiale.

Métropole commerciale du Canada, Montréal connaissait une vie mondaine animée, avec une succession ininterrompue de dîners, de danses et de bals. La participation d’officiers en grand uniforme était recherchée. Les régiments de la Milice n’étaient pas seulement constitués selon le modèle britannique mais ils étaient souvent affiliés à certaines unités britanniques particulières. En 1914, la ferveur patriotique britannique était très élevée. C’était la principale raison qui poussait les hommes à s’engager. Lorsque la guerre avait éclaté en 1914, on s’attendait à ce qu’elle dure six mois.

Au début de la guerre, le Canada comptait approximativement huit millions d’habitants. On estime qu’environ un million et demi d’hommes avaient l’âge requis et, en 1918, près de 500 000 avaient servi. En 1918, le Club comptait 366 membres réguliers et le nombre total des membres atteignait 601. Parmi ces derniers, 206, soit 34%, avaient participé aux opérations outre-mer. Vingt-six étaient morts au combat ou avaient succombé à leurs blessures.

Plus de 100 décorations avaient été conférées à des membres : une Croix de Victoria, trois Chevaliers célibataires, un Commandeur de l’Ordre du Bain, 12 Compagnons de l’Ordre de Saint-Michel et de Saint-George, 27 Ordres du service distingué, 34 Croix militaires, une Médaille de conduite distinguée, deux Compagnons de l’Empire britannique, quatre Ordres de l’Empire britannique, un Ordre de Victoria et 15 décorations étrangères.

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Dr John McCrae et « In Flanders Fields » – 3 mai 1915

Le poème du Dr John McCrae, « In Flanders Fields », demeure l’un des poèmes de guerre les plus émouvants jamais écrits. Un manuscrit de ce poème est conservé avec une photographie de John McCrae et des répliques de ses décorations militaires à la Bibliothèque John McCrae du Club. On y trouve aussi un recueil qui contient plusieurs de ses poèmes, de longs extraits de son journal de la Grande Guerre (sous la forme de lettres à sa mère), ainsi qu’un essai substantiel biographique de Sir Andrew Macphail, un membre qui fut doyen de la faculté de médecine à l’Université Bishop avant d’enseigner à McGill. Le poème parut d’abord anonymement dans Punch, le 8 décembre 1915. Un exemplaire relié de ce numéro est conservé à la bibliothèque du Club. Ce poème connut aussitôt un succès retentissant dans tout le Commonwealth et aux États-Unis, et il est encore souvent récité lors des commémorations du 11 novembre.

Le Dr McCrae est né à Guelph, en Ontario, de parents écossais. Il avait étudié la médecine à l’Université de Toronto, servi dans l’artillerie lors de la guerre en Afrique du Sud et avait été recruté par la faculté de médecine de l’Université McGill en 1900. Il fut un des fondateurs du Club, dont il avait présidé le premier comité organisateur, et il en resta un membre très actif jusqu’à son départ outremer. Il est mort au milieu de la quarantaine, en 1918, d’une pneumonie et d’une méningite contractées alors qu’il servait dans les Flandres avec le rang de lieutenant-colonel. Son nom figure sur le vitrail commémoratif.

In Flanders Fields by/par John McCrae

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie,
In Flanders fields. Take up our quarrel with the foe;
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.


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Le Club et le Deuxième Guerre mondiale – 1 septembre 1939

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale a éclaté en septembre 1939, le Canada différait profondément du pays qu’il avait été en 1914. Les effets combinés de la Grande Guerre et du Mouvement canadien avaient eu un effet considérable sur l’attitude de la plupart des Canadiens. La population s’élevait à 11 000 000 d’habitants et de grands progrès avaient été faits dans les structures économiques et commerciales du pays. L’obtention de l’autorité constitutionnelle sur les questions militaires et les affaires étrangères représentaient un nouveau développement.

De nombreux jeunes membres du Club firent leur service militaire durant la Deuxième Guerre mondiale, et deux périrent au combat. Il s’agit du capitaine de groupe Vaughan B. Corbett, D.F.C., de la Force Aérienne Royale Canadienne, mort dans l’écrasement de son avion le 20 février 1945, et du capitaine W. Roy Dillon des Fusiliers Mont-Royal, tué à Dieppe le 19 août 1942. Leurs noms ont été gravés sur la clé de voûte du cadre de bois qui entoure l’œil-de-bœuf commémoratif du grand escalier, entre le rez-de-chaussée et le premier étage du Club.

Parmi les anciens membres qui ont servi en tant qu’officiers supérieurs, on compte le général Andrew G. L. McNaughton, le vice-maréchal de l’air Frank McGill, le colonel George D. Currie et le brigadier général A. J. de Lalanne.

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Le Club – fenêtres commémoratives, armoirie, et autres souvenirs – 11 mai 1940

En reconnaissance pour ceux qui avaient servi au cours de la Grande Guerre, on installa deux vitraux dans le grand escalier du Club. Une feuille froissée de papier d’emballage portant diverses signatures est encadrée sous verre dans le hall d’entrée du Club. Elle porte la date du 11 mai 1940. Au bas, on y lit ce qui suit :
 

En 1916, Brooke Claxton et George W. Bourke avaient rencontré Sir Stopford Brunton au Club Universitaire pour discuter de la formation d’une deuxième unité d’artillerie à McGill. Sir Stopford reçu en mars 1917 l’autorisation de lancer le recrutement d’une deuxième unité d’artillerie de siège à l’Université McGill. Elle fut rapidement formée, logée dans l’immeuble de l’Association étudiante et fit son entraînement sur le campus. L’unité, forte de 200 hommes, partit pour l’Angleterre en juin 1917. Renommée 10th Canadian Siege Battery, elle fut envoyée en France en mars 1918 sous le commandement du major L.C. Ord et servit avec distinction jusqu’à la fin de la guerre. Seize artilleurs furent tués au combat ou succombèrent à leurs blessures; leurs noms sont inscrits sur le socle du mât du drapeau à l’entrée du Gymnase commémoratif Sir Arthur Currie. Trente-quatre hommes furent blessés.

Les survivants de la 10th Battery ont tenu une réunion annuelle à partir de 1919, et plusieurs ont eu lieu au Club Universitaire. Il y a 50 ans, l’Association de la Battery s’est fait offrir une bouteille de Johnnie Walker qui devait être ouverte par les quatre derniers survivants. La bouteille fut enveloppée d’une feuille de papier d’emballage signée par les membres présents. En 1972, lorsqu’on s’enquit auprès de la distillerie si cette bouteille vieille de 50 ans était toujours potable, elle fut remplacée par un gallon plus récent de la même marque. L’emballage fut retiré, convenablement encadré, et cette précieuse relique est aujourd’hui conservée au Club Universitaire qui a vu les débuts de la Battery.


En 1919, le major général Andrew G. L. McNaughton, qui représentait le Corps canadien d’artillerie lourde, offrit au Club un fusil anti-char allemand capturé en septembre 1918 après qu’il ait été utilisé dans les batailles d’Arras et de Cambrai. Il s’agit d’une carabine Mauser de 14 mm. à un coup utilisée par deux hommes, montée sur un bipied et exposée dans le hall au pied du grand escalier. De nos jours, il faudrait deux grands soldats costauds pour tirer avec ce fusil et encaisser son recul.

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Une promenade imaginaire par Peter MacKell – 28 mars 1944

Une promenade imaginaire… Si, par je ne sais quel miracle, Stephen Leacock revenait à la vie, comment trouverait-il Montréal aujourd’hui? Imaginons qu’il se lève un matin dans la maison où il a vécu au cours des années qui ont précédé la Première Guerre mondiale, rue Côte-des-Neiges, un peu au sud de l’avenue Cedar. À supposer qu’il fasse sa promenade habituelle et suive la pente jusqu’à l’Université McGill, il passerait devant plusieurs maisons qui lui étaient familières en 1907. Du côté nord de ce qu’il appelait l’avenue McGregor (aujourd’hui avenue du Docteur Penfield), il reconnaîtrait plusieurs rangées de maisons en briques rouges qui s’y trouvent encore. En parcourant McGregor jusqu’à la rue Stanley, il passerait devant la maison Reford, la maison Donner, ainsi que celle qu’avait construite Bernard Hallward, dont le fils Hugh est maintenant un des anciens membres du Club. Au coin de McGregor et Stanley, il verrait la maison de J.K.L. Ross qu’occupe maintenant la Faculté de droit de McGill. En tournant vers le sud, sur Stanley, étant donné que l’avenue McGregor n’était pas à ce moment-là reliée à la rue Peel, il descendrait vers la rue Sherbrooke. Une bonne partie du pâté de maisons qui va de McGregor à la rue Sherbrooke, du côté ouest en particulier, lui serait aisément reconnaissable. Une des premières familles du quartier, les Stewart, habitait encore la résidence familiale il y a à peine 20 ans.

Au coin de Sherbrooke et Stanley, Leacock reconnaîtrait bien sûr le Club Mount Royal, construit en 1904. De l’autre côté de la rue se trouvait la résidence de Lord Atholstan. (La compagnie Alcan l’a restaurée pour en faire son siège social en 1983.) Sur la rue Mansfield, jadis résidentielle mais aujourd’hui jalonnée d’édifices modernes, rien ne lui serait familier à l’exception du Club. Si, toutefois, il allait prendre le train de nuit pour Toronto, comme il le faisait souvent, il passerait par le Carré Dominion (aujourd’hui Square Dorchester) et longerait l’hôtel Windsor et l’église St George avant d’arriver à la gare Windsor. La géographie de l’île de Montréal, entourée par le fleuve et la rivière des Prairies, demeure une scène de théâtre inchangée sur laquelle se joue la vie de la ville. Même si les gratte-ciel s’entassent au centre-ville, le site de McGill au pied de la montagne, rue Sherbrooke, ainsi que plusieurs églises demeurent tels qu’ils étaient au temps de Leacock.

Peter R. D. MacKell

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Les Comités – 1975

Les huit comités du Club déterminent une ligne de conduite dans divers champs d’activités. Chaque réunion fait l’objet d’un procès-verbal, chaque comité est présidé par un membre du conseil et se renouvelle chaque année en cooptant de nouveaux membres. Cette structure assure la continuité, la stabilité, l’innovation et l’engagement de tous les membres. Ce système est l’épine dorsale du Club. L’implication des membres qui sentent qu’ils font réellement partie du Club lorsqu’ils siègent à un comité est assurément la clé de notre réussite à venir. Ceux qui ont servi l’ont fait avec distinction et ont droit à notre reconnaissance. Ils ont mis la barre bien haute pour ceux qui suivront leurs traces.

Les comités constituent une autre caractéristique de notre Club. Ils permettent aux nouveaux membres de faire rapidement connaissance avec les autres et de s’y impliquer. C’est Lorne Gales qui a eu l’idée de mettre sur pied un comité du programme, lequel a énormément contribué à définir la personnalité du Club. À une époque où le Club sert plus aux affaires qu’à la sociabilité, les activités et les événements spéciaux réunissent les membres autour d’objectifs sociaux et intellectuels.

Plusieurs des plus beaux tableaux du Club ont été acquis au cours des années quarante et cinquante, à une époque où le Comité de la bibliothèque (rebaptisé plus tard Comité de la bibliothèque et des arts) avait pour mandat d’acheter les œuvres d’art; Miller Hyde et Anson McKim firent alors l’acquisition d’œuvres importantes au nom du Club.

Au milieu des années soixante-dix, aux yeux de quelques membres inquiets, un changement s’imposait sous la forme d’un comité sur les aliments et les vins afin d’assurer que l’excellente réputation de la table du Club serait maintenue. À la tête de ce mouvement, il y avait une petite bande de fins gourmets, amateurs de bons vins et de bonne cuisine, résolus à y consacrer beaucoup d’efforts. Le nouveau comité était résolu à mettre en œuvre un programme en matière culinaire qui orienterait les changements destinés à retenir les membres et à en attirer de nouveaux, ainsi qu’à accroître la fréquentation du Club.  

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Le tableau d’honneur – 1976

Au Canada, un club qui comptait parmi ses membres des personnalités aussi remarquables de notre vie publique – telles que le général Georges Vanier, le lieutenant-colonel John McCrae, Stephen Leacock, Douglas C. Abbott, Brooke Claxton et le général A.G.L. McNaughton –, peut être considéré par cette seule liste de noms comme un microcosme de l’histoire canadienne.

Chaque année, depuis 1976, un membre illustre est honoré lors d’un dîner qui souligne ses réussites personnelles et sa contribution au Club.
 
  • 1976 George Hodgson & Edgar Andrew Collard
  • 1977 George Marler & Frank Scott
  • 1978 Conrad F. Harrington & Herbert Lank
  • 1980 Douglas C. Abbott
  • 1981 James A. de Lalanne
  • 1982 Lord Moran
  • 1983 John Humphrey
  • 1984 G. Miller Hyde
  • 1985 Alan A. Macnaughton
  • 1986 John Seaman Bates
  • 1987 Alan B. Gold
  • 1988 Ken P. Farmer
  • 1989 Alexander John Campbell
  • 1990 D. Lorne Gales
  • 1991 Christopher Plummer
  • 1992 Fred Kaufman
  • 1993 Donald R. McRobie & M. Laird Watt
  • 1994 David L. Johnston
  • 1995 Alex K. Paterson
  • 1996 John W. Durnford
  • 1997 Sylvia and Richard Cruess
  • 1998 William Tetley
  • 1999 Philip Patrick Aspinall
  • 2000 L.Yves Fortier
  • 2001 Charles Doherty Gonthier
  • 2002 Sean B. Murphy
  • 2003 Sandra and David Hannaford
  • 2004 Gavin Graham Ross
  • 2005 James Alexander Robb
  • 2006 Patrick McGillycuddy Stoker
  • 2007 Stuart Hyndman
  • 2008 Eric Clark
  • 2009 Kalman Samuels
  • 2010 Patrick Kenniff
  • 2011 John Brooke Claxton

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La vie au Club et les personnalités majeures – 8 novembre 1982

La vie d’un club tient à certains traits spécifiques et à la personnalité de ses membres. Une bonne façon de rendre hommage aux premiers membres du Club qui se sont distingués par leur personnalité est de rappeler ceux qui l’ont présidé : leurs noms figurent sur des panneaux à l’entrée du Club. Le premier de cette liste est Seargent P. Stearns qui fut président de 1907 à 1918. Il était réputé pour présider ses assemblées avec beaucoup de compétence et de doigté, et il possédait en outre une éloquence naturelle qui lui donnait souvent gain de cause. Il n’est pas facile de retourner 100 ans en arrière et de choisir la liste des membres qui ont donné au Club son caractère particulier.

La table ronde des membres, située dans la salle à manger principale et dans le salon Billard, où les membres, seuls ou en groupe, peuvent se retrouver pour le déjeuner, a toujours été reconnue pour sa convivialité. Parmi les membres éminents qui y prirent leurs repas entre les deux guerres, on peut citer J.M. Macdonnell, Roy Campbell, B. K. Sandwell, A. Forbes Hale, W. Gordon Mitchell, W.F. Biggar, M.W.H. Mackenzie, le sénateur A.K. Hugessen, Francis Hankin, W.W. Chipman, Sandy Urquhart, Arthur Surveyer, Monteath Douglas, Graham Towers, A.L. Lawes, le sénateur L.M. Gouin, W.M. Birks, Ross MacDonald, Roy Dillon et Charles Hébert.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la population changeante qui s’assemblait autour de cette table reflète la personnalité tout aussi versatile du Club. Dans les années cinquante, un groupe d’avocats, d’hommes d’affaires, de professeurs et de professionnels prirent l’habitude d’y venir déjeuner. Dix ans plus tard, un autre groupe d’amis se réunissait à midi dans la salle à manger principale, généralement le vendredi. Ce groupe, qui variait beaucoup, comprenait d’habitude Albert Cloutier, John Lynch-Staunton, Kenneth Mackay et un certain nombre de leurs contemporains : ce « Friday Lunch Club» quittait rarement la salle avant la fin de l’après-midi.

Au cours des années quatre-vingt, les membres assidus de cette table comprenaient John Durnford, le doyen de la faculté de droit de McGill, Bob Murray, John Humphrey, Bill Hackett, William H. Pugsley, George Hodgson et Don Bailey. Il s’agissait sans doute du plus imposant groupe relié à l’Université McGill jamais vu dans la grande salle à manger.

Ces dernières années, la fréquentation de cette table a été constante. Parmi les habitués, on retrouve Dick Stevenson et Bruce Kippen qui se distinguait chaque année en personnifiant le Père Noël lors de la fête organisée pour les enfants en décembre. Le professeur de droit à l’Université McGill, William Tetley, qui, au cours des années quatre-vingt, a quitté le Faculty Club pour le Club Universitaire, déjeune à cette table et anime la conversation en compagnie de membres réguliers tels que Stuart Hyndman, Patrick Stoker, Warren Simpson, Bruce Kippen, Kalman Samuels, Sean Murphy, Chill Heward, Tass Grivakes, Erik Clark, Gavin Ross, Michael Malley, Gordon Smith, Claude David, John B. Claxton et Robert J. Bourdius. Avant qu’on interdise de fumer au Club, certains passaient ensuite au salon Leacock pour prendre le café en fumant une cigarette, un cigare ou une pipe.

Quelques anciens membres régulièrement installés à la table du milieu sont toujours ravis lorsque se joignent à eux des membres plus jeunes. Le premier contact peut être intimidant pour certains membres intermédiaires, mais pas pour tous. Louis Fernandes se trouvait un jour dans la salle à manger lorsque s’amenèrent deux membres intermédiaires bien résolus à s’asseoir à cette table pour la première fois. Ils furent quelque peu surpris de découvrir qu’il n’y avait personne, même à midi. Louis leur expliqua qu’il leur faudrait patienter étant donné que les autres avaient à peine commencé à prendre leurs apéritifs au rez-de-chaussée.

Le Club continue d’être un lieu où ses membres, quels que soient leurs intérêts, prennent plaisir à se rencontrer.

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Les chambres du Club – description et nom – septembre 1986

Le Club a été classé monument historique du Québec en septembre 1986.

Lors de la fondation du Club, le premier secrétaire (titre de jadis du directeur général) était W. Graham Browne, qui a occupé ce poste au cours des 13 premières années, jusqu’à sa retraite en 1920. On mesure le respect qu’inspirait M. Browne au fait qu’une salle du troisième étage porte le nom de salon Graham Browne.

Il y a un siècle, la vie était bien différente. Le rythme était moins pressé; c’était chose courante de venir déjeuner au club, d’y prendre d’abord un verre ou deux et d’apprécier la bonne cuisine, le rythme du service et la compagnie de ses collègues. On prenait ensuite le café dans la Salle de lecture (aujourd’hui le salon Leacock), puis un cognac suivi d’un petit somme discret dans la bibliothèque, avant de retourner au travail. On pouvait aussi s’offrir un après-midi de bridge, initialement dans la salle de jeux (aujourd’hui le salon Humphrey), plus tard dans le salon Billiard où Louis Fernandes, qui fut longtemps notre maître d’hôtel, se souvient de trois tables occupées chaque jour.

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Le personnel – janvier 1988

Le dévouement typique du personnel a été démontré par Dennis Schuller, le gérant de l’immeuble du Club Universitaire, lorsque la tempête de verglas a plongé la ville dans le noir en janvier 1998. Alors que s’effondraient les lignes électriques chargées de glace et que se remplissaient les refuges, il a négocié un échange de services avec l’immeuble voisin d’Ultramar, sauvant ainsi notre vénérable édifice. Schuller a mis à profit ses connaissances en ingénierie et branché le système de chauffage au gaz du Club à la génératrice de l’immeuble voisin, ce qui nous a assuré du chauffage et de l’eau chaude. En retour, les employés d’entretien d’Ultramar ont pu bénéficier de douches chaudes et de repas simples, préparés sur nos cuisinières et servis à la lueur des bougies.

Quelques tâches supplémentaires incluaient à l’occasion, comme il le raconte, la découverte « d’un membre ou d’un invité endormi sur un canapé depuis la veille. » Il éveille alors celui-ci et lui sert un petit déjeuner avant de le renvoyer chez lui, préservant ainsi la réputation d’hospitalité du Club.

Cette réputation est maintenue grâce au personnel du Club de plus de 38 vaillants employés, guidés depuis janvier 2013, pour la première fois par une femme, la directrice générale Sylvie Chevarie.

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Les femmes du Club et l’adhésion – 1988

Au cours des premières années d’existence du Club, il était permis aux femmes d’y venir, mais elles n’avaient accès qu’à la salle à manger des dames, à moins d’être accompagnées par un membre, auquel cas elles pouvaient dîner dans la salle à manger principale. Au milieu des années soixante-dix, le Club des femmes universitaires – une association de diplômées d’université – avait reçu l’autorisation de louer un local dans l’immeuble afin d’augmenter les revenus du Club. À coup sûr, le Club Universitaire était plus tourné vers l’avenir que d’autres institutions du même genre qui ne permettaient en aucun cas aux femmes de pénétrer dans leurs locaux. Au cours des années quatre-vingt, le bail du Club Universitaire des femmes fut résilié.

Il existe plusieurs versions de l’histoire de l’admission des femmes en tant que membres à part entière du Club Universitaire, mais ce qui suit est exact. Au cours des années quatre-vingt, alors qu’un nombre grandissant de montréalaises s’impliquaient dans le monde des affaires et des professions libérales, elles portèrent davantage d’intérêt à ce qui se passait dans les clubs pour hommes. Un mouvement fut lancé afin que les femmes soient admises en tant que membres du Club Universitaire, mais il se heurta d’abord à un mur de résistance. Joan Clark, O.C., Q.C., Ad.E., membre respectée du Barreau et associée du cabinet Ogilvy Renault, fut indignée que les femmes soient exclues; certaines d’entre elles faisaient partie de son propre cabinet et, dans l’exercice de leur profession, il leur était interdit non seulement de devenir membres, mais aussi de retrouver leurs clients au Club à l’heure du lunch, lorsque s’interrompaient les consultations à leurs bureaux. Elle décida de régler la question.

Toute candidature devait être proposée par au moins deux membres, et le docteur William Feindel, alors directeur de l’Hôpital et de l’Institut neurologiques de Montréal, et William Grant, un des associés de Joan, acceptèrent de proposer la sienne.

M. Alex Paterson lui promis sur le champ qu’il soulèverait la question devant le conseil et qu’elle serait réglée sans délai. Il découvrit bien vite qu’il existait en effet un règlement selon lequel seuls les hommes avaient accès au Club et qu’il faudrait un vote avec une majorité des deux tiers lors de l’assemblée annuelle pour le modifier.

Après discussion de la chose avec David Johnston, lui-même membre du Club et directeur de McGill à l’époque, il vint à une conclusion; selon lui, ils devraient présenter une résolution en ce sens, étant donné qu’un grand pourcentage des professeurs de McGill était des femmes. De plus, puisque l’université remboursait les frais de repas et de réceptions du Club, il n’était pas convenable que les femmes en soient exclues. Ils pensaient qu’une telle résolution pour modifier les règlements du Club serait aisément adoptée et n’avaient fait, par conséquent, aucun lobbying.

À l’assemblée annuelle, les quatre premières rangées étaient occupées par les membres les plus anciens du Club et peu d’autres membres étaient présents. Ils ont remporté le vote sur la résolution d’amender le règlement, mais seulement par une majorité simple et non par les deux tiers des voix comme le stipulaient les statuts.

Ils donnèrent avis d’une seconde motion pour modifier le règlement et une assemblée extraordinaire fut convoquée pour en débattre. Elle eut lieu dans le salon Billiard qui, cette fois, était plein à craquer. M. Paterson défendit la résolution en disant que sa défaite précédente l’avait pris par surprise. Sa fille avait ajouté son grain de sel : « Si tu perds encore, ne reviens plus à la maison ». David Johnston, père de cinq filles, prononça un plaidoyer éloquent, mais c’est Jack Campbell, Conseiller de la reine, un des membres séniors du Club, qui était à l’époque un des plus grands avocats du Canada, qui emporta la conviction. Jack fit observer que, puisque nous avions accepté les femmes dans nos entreprises et nos cabinets professionnels, nous étions bien mal placés de les exclure du Club. Cette fois, le vote fut nettement en faveur de l’admission des femmes.

Un peu plus tard, en 1988, le conseil accepta presque toutes les candidatures féminines qui avaient été proposées. Fort heureusement, les femmes sont désormais membres à part entière. En 1996, Claudette Bellemare fut élue la première présidente du Club.

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Le vin et la nourriture au Club – 1990

On dit souvent qu’un membre devrait considérer le Club Universitaire comme « son chez-soi loin de chez lui ». La caractéristique qu’ont en commun le Club et la maison est qu’ils offrent l’un et l’autre le plaisir de pouvoir se détendre et de bien manger, et cela dans un lieu agréable en compagnie de sa famille ou de ses amis. Le Club Universitaire a toujours été réputé pour son excellente cuisine.

Avant les années soixante-dix, la politique du Club en matière de cuisine et de vins pouvait être qualifiée de « traditionnelle britannique ». Elle reflétait le goût de ses membres – presque tous des anglophones et uniquement des hommes. Il n’existait pas alors de comité chargé de la cuisine et des vins.

Vers 1981, on a commencé à offrir un « vin du mois » qui s’est avéré un succès. Il représente actuellement 80% du vin consommé au Club. Ces vins sont choisis par le Comité des vins et de la table. Même s’il n’est pas toujours facile de goûter jusqu’à six vins différents avant d’en choisir un, il ne fait pas de doute que l’atmosphère des réunions de comité s’en trouve rehaussée.

La carte des vins s’est améliorée de façon spectaculaire, et elle comporte désormais de nombreux choix pour tous les goûts et tous les budgets. Le Club possède maintenant sa propre cave et certains membres disposent en outre d’une réserve privée à leur propre usage.

Mais on n’a pas oublié le passé. Les plats préférés des premières années sont toujours en demande : les rognons, le foie de veau à l’anglaise, les côtelettes d’agneau, le rosbif, et même l’English mixed grill. Il y a aussi de vieilles recettes toujours appréciées telles que la vichyssoise, le consommé chaud ou en gelée, la soupe aux pois, la bisque d’homard, les biscuits d’après-dîner et enfin, last but not least, les chips qui créent l’accoutumance et ruinent les régimes.

Le Chef Monod s’est joint au Club en 1990. Aujourd’hui, les menus combinent une grande variété de cuisines et de goûts de tous les pays, et l’excellente réputation de la table du Club reste entière.

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Les événements au Club – une partie de l’histoire – janvier 1994

Notre Club porte en son nom le mot « université », porteur lui-même d’une tradition ancienne. « Université » veut dire ouverture sur le monde, intérêt pour les idées les plus diverses, acceptation des croyances des uns et des autres, respect d’autrui. Rien n’exprime mieux cet esprit d’ouverture que notre programme de conférences.

Chaque année le Club accueille plus de 20 conférenciers : les affaires, la politique, la diplomatie, les arts sous toutes leurs formes, les sports, la santé, la gastronomie, la religion, l’histoire, les voyages, le jardinage, autant de thèmes et de sujets traités par des conférenciers. Aucun autre forum montréalais n’offre une telle palette de conférences dans un lieu aussi intime et chaleureux. En accueillant ainsi nos conférenciers, nos membres signalent leur volonté de demeurer à l’écoute d’un monde sans cesse changeant. Cette tradition d’inclusion doit être maintenue; elle distingue notre institution de tant d’autres; elle fait du Club une institution tournée vers le monde extérieur et non pas repliée sur elle-même. Cette approche est celle qui nous aide à fidéliser nos membres et qui nous aidera à attirer de nombreux membres de la nouvelle génération au cours des années à venir. Rêvons un peu. Pourquoi pas un club d’idées, un lieu de rencontre pour nos politiciens en herbe, un forum où des membres et leurs invités pourraient discuter dans la meilleure tradition des « debating societies », les idées et les tendances nouvelles?

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Anciens présidents – 1996

Une bonne façon de rendre témoignage aux premiers membres du Club qui se sont distingués par leur personnalité est de rappeler ceux qui l’ont présidé : leurs noms figurent sur des panneaux à l’entrée du Club. En 1996, Claudette Bellemare fut élue la première présidente du Club.
 
  • 1907 – 1918 Seargent P. Stearns
  • 1918 – 1920 R. F. Ruttan
  • 1920 – 1921 F. E. Meredith
  • 1921 – 1922 Alexander D. Blackader
  • 1922 – 1923 Eugene Lafleur
  • 1923 – 1924 William F. Angus
  • 1924 – 1925 W. C. Chisholm
  • 1925 – 1926 H. S. Birkett
  • 1926 – 1927 Allan A. Magee
  • 1927 – 1928 John J. Creelman
  • 1928 – 1929 H. M. Little
  • 1929 – 1931 Charles W. Colb
  • 1931 – 1932 F. M. G. Johnson
  • 1932 – 1933 A. T. Bazin
  • 1933 – 1934 George S. Currie
  • 1934 – 1935 E. M. McDougall
  • 1935 – 1936 E. Peter Flintoff
  • 1936 – 1937 Conrad D. Harrington
  • 1937 – 1938 J. M. R. Fairbairn
  • 1938 – 1939 K. M. Perry
  • 1939 – 1940 Edward G. Hanson
  • 1940 – 1941 Gregor Barclay
  • 1941 – 1942 E. de B. Panet
  • 1942 – 1943 J. C. McDougall
  • 1943 – 1944 W. A. Merrill
  • 1944 – 1945 T. S. Morrisey
  • 1945 – 1946 E. S. McDougall
  • 1946 – 1947 J. H. H. Robertson
  • 1947 – 1948 Donald A. White
  • 1948 – 1949 Orville S. Tyndale
  • 1949 – 1950 James B. Woodyatt
  • 1950 – 1951 R. Ewart Stavert
  • 1951 – 1952 Chilion H. G. Heward
  • 1952 – 1953 A. D. Campbell
  • 1953 – 1954 Hugh A. Crombie
  • 1954 – 1955 B. E. Norrish
  • 1955 – 1956 Shirley G. Dixon
  • 1956 – 1957 Kenneth A. Creery
  • 1957 – 1958 John K. Wilson
  • 1958 – 1959 Kenneth B. Roberton
  • 1959 – 1960 R. D. Harkness
  • 1960 – 1961 Paul P. Hutchison
  • 1961 – 1962 G. P. Hedges
  • 1962 – 1963 Harrison C. Hayes
  • 1963 – 1964 Bartlett M. Ogilvie
  • 1964 – 1965 A. James de Lalanne
  • 1965 – 1966 George M. Hobart
  • 1966 – 1967 Anson C. McKim
  • 1967 – 1968 U. C. Cushing
  • 1968 – 1969 S. Boyd Millen
  • 1969 – 1970 W. P. Carr
  • 1970 – 1971 William T. G. Hackett
  • 1971 – 1972 James E. Pepall
  • 1972 – 1973 A. Blaikie Purvis
  • 1973 – 1974 M. Laird Watt
  • 1974 – 1975 J. E. Morgan
  • 1975 – 1976 Reford MacDougall, C.M.
  • 1976 – 1977 Robert C. Paterson
  • 1977 – 1978 Peter N. Quinlan
  • 1978 – 1979 John G. Lynch-Staunton
  • 1979 – 1980 Donald S. Wells
  • 1980 – 1981 Herbert B. McNally
  • 1981 – 1982 John J. Peacock
  • 1982 – 1983 Philip E. Johnston
  • 1983 – 1984 Joseph S. Connolly
  • 1984 – 1985 R. Douglas Bourke
  • 1985 – 1986 A. D. Lloyd
  • 1986 – 1987 Conrad H. Harrington
  • 1987 – 1988 Stuart H. Cobbett
  • 1988 – 1989 James A. Robb
  • 1989 – 1990 Eric L. Clark
  • 1990 – 1992 David H. Laidley
  • 1992 – 1993 Philip L. Webster
  • 1993 – 1994 Jean de Grandpré
  • 1994 – 1995 K. Warren Simpson
  • 1995 – 1996 Philip P. Aspinall
  • 1996 – 1997 Claudette Bellemare
  • 1997 – 1998 David C. A. Hannaford
  • 1998 – 1999 Bruce Kent
  • 1999 – 2000 Barry D. Birks
  • 2000 – 2001 Harvey M. Romoff
  • 2001 – 2002 Patrick Kenniff
  • 2002 – 2003 E. Lee Hambleton
  • 2003 – 2004 Mark J. Oppenheim
  • 2004 – 2006 Pierre Matuszewski
  • 2006 – 2007 James G. Wright
  • 2007 – 2008 John F. Lemieux
  • 2008 – 2010 Alain Ishak
  • 2010 – 2012 Erik Moisan
  • 2012 - – Eric Perlinger

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Clubs réciproques – 1996

En 1996, l’ancien directeur général, Chris Parkinson, a confié au Club l’histoire d’un prince qui était venu s’installer au Club. Il était membre d’un club affilié et prétendait appartenir à la famille royale d’un pays d’Europe de l’est. Étant arrivé en principe pour trois nuits, il avait par la suite refusé de partir. « Il avait des problèmes de santé et s’arrangeait pour que tout le monde aille chercher des médicaments pour lui et… fasse sa lessive. Il avait beaucoup de charme et d’autorité, et il entendait s’incruster. Il n’avait manifestement nulle l’intention de s’en aller ni, comme on s’en aperçut plus tard, de payer. » Pour le faire partir, Chris réserva et paya une place de train en première classe pour les États-Unis, et il l’escorta personnellement jusqu’à la gare, « sans quoi il n’y aurait pas eu moyen de lui faire quitter le Club. »

En dépit de cet incident malheureux, le Club a actuellement des ententes de réciprocité avec 111 clubs dans 23 pays.

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La collection d’art du Club – 2005

Les murs du Club Universitaire de Montréal offrent une exposition de l’art canadien depuis un siècle. La collection couvre chaque période de la vie du Club, qui va des portraits du début du XXe siècle et des paysages du Groupe des Sept à des vues des grands monuments de Montréal, à des tableaux abstraits et à une nature morte acquise en 2005, directement du chevalet d’un artiste montréalais.

Chaque pièce contient des œuvres d’art, ce qui ajoute de manière significative à l’ambiance du Club. Dès les premières années, les membres ont montré maintes et maintes fois qu’ils savaient distinguer une œuvre d’exception, soit en achetant eux-mêmes des tableaux qu’ils donnaient ensuite au Club, soit en achetant collectivement une œuvre pour sa collection.

L’art a toujours été un reflet de la société, quelle que soit l’époque. Lorsque le Club a été fondé, plusieurs artistes canadiens allaient à Paris et en Europe pour faire leurs études et en revenaient avec une formation académique en bonne et due forme, imbibés d’Impressionnisme. Au Canada, vinrent ensuite le Groupe des Sept et diverses interprétations de la peinture de paysage. Plus récemment, l’art contemporain s’est développé dans divers sens et dans de nombreux styles. On peut donc s’attendre à ce qu’il devienne plus difficile de décider d’un achat pour le Club. On ne fera pas aisément des choix aussi inspirés que ceux des années cinquante.

Le comité de la bibliothèque et des arts fut commandité de chercher une œuvre d’aujourd’hui afin de remplacer les tableaux qui ont dû être vendus. Nous nous sommes rendus au studio de l’artiste montréalais Pierre Dorion et nous avons fait rapporter au Club un grand tableau à l’huile, Arrangement 2005. À la suite d’une discussion animée, le comité a voté à l’unanimité l’achat de cette œuvre qui est accrochée au milieu de la salle à manger principale.

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Célébrer les 100 premières années – 31 octobre 2008

À l’occasion du premier centenaire du Club Universitaire de Montréal, le comité de la bibliothèque et des arts a mis en place une exposition de photographies de notre Club, sélectionnées de nos archives, du Musée McCord, des archives de l’Université McGill ainsi que de la collection d’architecture canadienne de John Bland, de la librairie de l’Université McGill.

Les archives montrent que la première résidence du Club ouverte le 28 mars 1908 (anciennement la résidence « Sumner »), était spacieuse et faisant partie d’un triplex à l’angle nord-est du Boulevard Dorchester et la rue Sainte-Monique (la rue Sainte-Monique a disparu lors de la construction de la Place Ville Marie).

Cette maison a été vendue en 1911 et le Club a acheté la résidence « Ibbotson » à l’ouest de la rue Mansfield, au nord de la rue Burnside (actuellement le Boulevard de Maisonneuve Ouest).

Le Club a ensuite déménagé en décembre 1913 à l’adresse actuelle, 2047 rue Mansfield, un immeuble magnifique conçu par l’architecte Percy Erskine Nobbs.

Le Club universitaire de Montréal a fêté ses 100 premières années avec la publication du livre de l'histoire du Club, un superbe dîner en compagnie du conférencier invité, Maestro Kent Nagano et un dîner de gala de deux soirées.

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Célébrer les 100 premières années du bâtiment – 17 décembre 2013

Avant qu’on charge Nobbs de concevoir le nouvel édifice de la rue Mansfield, le Club avait été logé dans d’anciennes résidences privées. Peu de temps après, en 1912, le Club fit l’acquisition de son site actuel, du côté est de la rue Mansfield. La construction de l’édifice dessiné par Nobbs fut achevée en 18 mois et l’édifice ouvrit ses portes le 17 décembre 1913.

Le 17 décembre 2013, le Club fêtera 100 ans dans notre Clubhouse actuel.

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Les 100 prochaines années – 8 novembre 2107

Nous sommes en 2107. Le Club Universitaire de Montréal s’apprête à célébrer son deux centième anniversaire. Pouvez-vous imaginer à quoi va ressembler le monde à cette époque? Probablement pas. Cette date pourtant n’est distante que d’un siècle, le même laps de temps qui s’est écoulé depuis la fondation du Club. Étonnant, n’est-ce pas? Pourtant notre Club a survécu, il s’est épanoui et a réussi à conserver sa raison d’être au fil des ans.

Tout club est une assemblée d’hommes et de femmes qui conviennent de respecter un certain code de conduite, qui apprécient la compagnie d’autrui, qui partagent un certain nombre de valeurs et d’intérêts et qui se réunissent dans un lieu particulier.

La question du lieu mérite qu’on s’y arrête. L’emplacement de notre édifice est essentiel à notre réussite. Comme un sondage récent l’a révélé, 95% de nos membres qui occupent un emploi travaillent dans un rayon de moins d’un kilomètre du Club – statistique impressionnante.

Une autre donnée significative montre qu’un nombre sans cesse croissant des membres habitent à l’extérieur du centre-ville, ce qui fait que le Club est de moins en moins un lieu de rendez-vous pour passer la soirée. Nous avons modifié nos horaires et notre programme d’activités pour nous adapter à cette réalité. Même si nous ne pouvons qu’admirer la prévoyance des fondateurs lorsqu’ils ont choisi le site actuel de notre édifice, nous devons rester vigilants et bien analyser les tendances démographiques de Montréal afin de continuer à attirer son élite.

Le Club est un composé d’objets, de couleurs, de lumières, d’odeurs et de perspectives. Ce sont les boiseries du hall d’entrée, l’escalier en spirale, les vitraux plombés, les nombreux tableaux, l’imposante salle à manger avec la table des membres et le si chaleureux salon Breakfast. C’est le visage familier de tant de membres du personnel qui sont avec nous depuis plusieurs années et qui nous reconnaissent. Qui oserait dire qu’il n’aime pas être reconnu, appelé par son nom?

Pour finir, un mot sur nos membres, sur nous-mêmes. Revenons en arrière. À l’origine du Club, le membre type était un mâle anglo-saxon blanc. Cent ans plus tard, ce membre type n’existe plus ou plutôt il a des origines les plus diverses; homme ou femme, français ou anglais, jeune ou plus âgé, d’origine ethnique, linguistique et raciale diverses. Le Club a su s’adapter à son milieu. Il est le reflet de Montréal. Le Montréal d’aujourd’hui est très différent du Montréal d’il y a 100 ans. Qui peut parler avec assurance du profil qu’aura cette ville dans 100 ans? Personne. Mais nous serons d’accord pour dire que notre ville sera différente de ce qu’elle est aujourd’hui; plus diversifiée, plus internationale, plus influencée encore par les grands courants mondiaux. La survie du Club passe assurément par une adaptation de ses activités au profil changeant de Montréal.

Longue vie au Club Universitaire de Montréal!

Le club universitaire de Montréal

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